l’Histoire de la Maison des têtes
L’histoire de la Maison des têtes commence en 1368. La place est alors connue sous le nom de la Plassa-de-la-Mar (la place de la mer). Elle n’est séparée de la mer que par l’épaisseur d’un rempart.
Un marché hebdomadaire s’y tient. Les condamnés y subissent leurs peines après y avoir fait amende honorable.
En 1621, elle est dévolue à la vente des céréales. Les recteurs de l’hôpital du saint-Esprit ayant obtenu de la communauté le droit exclusif du mesurage des grains, y font construire une halle.
La place reçoit ensuite le nom de place des Quatre-Coins. Puis de place aux fruits. Ultérieurement, elle porte le nom de la place à L’Huile. C’est là qu’on prélève un droit sur les huiles. Elles sont examinées et mesurées avant d’être vendues. Ce rôle est tenu par un inspecteur qui doit aussi veiller à la bonne tenue des Portefaix.
La maison date du XVIIe dans sa partie la plus ancienne. Elle avait échappé aux bombardements de la Dernière Guerre. Puis à la destruction de la frontale du port par les troupes allemandes à la veille de battre retraite.
Elle est connue de tous les Toulonnais sous le nom de la « Maison des Têtes » en raison des sculptures de têtes très anciennes qui ornaient ses fenêtres.
La Maison des Têtes n’était pas sans rappeler la maison de Pierre Puget, sise avenue de la République. Elle fut détruite durant la Dernière Guerre. Quant aux têtes inspirées de la Comédia de l’Arte qui ornaient sa façade, on leur prêtait les origines les plus fantastiques. Ces têtes en bois bronzé comme du métal ont sans doute été sculptés par l’atelier du port de Toulon.
L’explosion
Détruite par explosion le 15 février 1989, elle faisait l’orgueil de la place à L’Huile.
La violente explosion a détruit ce bâtiment de 5 étages. Le bilan est de 13 morts et 35 blessés. À cette époque le drame émeut la France entière.
Un an après, l’Association des familles des victimes de la Maison des têtes est créée sous l’impulsion des époux Baille et Radicich, les parents d’Alexandra et de Jean-Marie, tous deux tués par l’explosion alors qu’ils travaillaient au premier étage dans le laboratoire de prothèse dentaire. Mr Baille est nommé Président de cette association.
Si très vite l’hypothèse du gaz a été suggérée et retenue par la justice, les familles des victimes l’ont toujours contredit.
En effet, les témoins, certains faits (sifflement juste avant l’explosion, trait lumineux dans le ciel, absence de flamme, odeur de poudre et non de gaz, disparition de preuves, manipulation…) et une expertise indépendante orientent vers une autre piste, celle de l’explosif.
Au terme de l’enquête judiciaire, plus de 6 ans après, cette affaire ne sera jamais officiellement élucidée. La justice prononcera un non-lieu.
L’association fait alors appel en 2009 au journaliste Max Clanet. Ce dernier accédera à des documents inédits et retrouvera des témoins jamais entendu.
Le constat est accablant : enquête bâclée, manipulation, destruction de preuves, témoignages occultés … Tout a été fait pour enterrer cette affaire. Pourquoi ?
Le même jour de l’explosion, des manœuvres de navire militaire français et américains ont lieu au large de Toulon. Un engin militaire serait tombé sur la Maison des têtes. Le dossier aurait été verrouillé pour raison d’état.(voir notre rubrique Librairie pour découvrir le livre de Max Clanet).
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L’histoire de la Maison des têtes continue :
Grâce notamment aux archives photographiques de la Ville, l’Ecole des Beaux-Arts a reçu pour mission de recréer les mascarons de têtes moulées représentant les saisons et les mois de l’année (deux seulement ont été retrouvés intacts après l’explosion).
L’immeuble a été reconstruit à l’identique de 1995 à 1996. Une plaque est apposée sur son fronton. Mais celle-ci n’est pas l’originale. La plaque présentée lors de la traditionnelle pose de la première pierre de la future Maison des Têtes, le 30 mai 1995, a été remplacée par celle que l’on peut voir aujourd’hui sur la façade.
La plaque originale.

« A la mémoire des victimes de la catastrophe de la Maison des Têtes survenue le 15 février 1989.
Les familles recherchent toujours l’origine de cette explosion. »
La plaque existante avec le mascaron de la porte d’entrée.

« Cet immeuble a été construit en 1996, à l’emplacement de la Maison des Têtes datant du XVIIIe siècle. La Maison des Têtes a été détruite à la suite d’une explosion survenue le 15 février 1989 entrainant la mort de 13 personnes. »


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Le mascaron de la porte d’entrée a été épargné
