Témoignage d’un survivant

Témoignage : Comment raconter ce que j’ai vécu ? Comment expliquer ? Comment vous faire saisir l’horreur de ma souffrance ? Je pense sincèrement que c’est impossible. J’ai la certitude qu’il faut avoir vécu une histoire similaire pour comprendre.

Je venais de fêter mes dix-neuf ans et travaillais au premier étage d’un immeuble connu de tous sous le nom de la Maison des Têtes. À 14 h 26, sans avertissement, l’immeuble explosa. Treize morts, trente-cinq blessés, dont 23 hospitalisés et 12 dégagés des décombres.

Ce jour-là, nous n’étions que quatre dans le laboratoire. Je suis le seul survivant. Alors, enterré vivant dans un espace réduit à trente centimètres sur soixante-dix, sous des tonnes de gravats, j’ai fait face à la mort, littéralement.

Je suis assis à mon poste. Cela fait cinq bonnes minutes que je m’applique sur mon travail. Puis, tout va extrêmement vite. Brusquement, Alexandra se lève en criant : « merde ! ». Ce comportement inattendu mêlé à l’instinct de survie, déclenche chez moi une réaction étrange. Alors une peur viscérale m’envahit brutalement. Je sais que quelque chose de très grave va arriver maintenant, que ma vie est en danger. En une fraction de seconde, je fais un bond vers la porte du palier en me protégeant la tête avec mes bras.

Un flash gigantesque m’éblouit. Je sens un fouettement brûlant dans le dos. Un souffle extraordinaire me balaye tel un fétu de paille. Puis un énorme choc m’assène la tête alors que le sol se dérobe sous mes pieds…

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Wulfran Dherment, enseveli et seul survivant du premier étage

Seul survivant du 1er étage, enseveli et écrasé sous plus de 10 m de gravats, Wulfran sera extrait de sa poche de survie après 9h de calvaire. Cet événement sera le début d’une métamorphose, d’une longue et douloureuse reconstruction et d’un combat, celui de la recherche de la vérité. Il est le principal témoin de ce drame dont le vécu contredit fermement certaines versions sur l’origine de l’explosion de la maison des têtes. Actuellement, en pleine écriture de ses mémoires, pour ses enfants et ses proches mais aussi pour la mémoire des disparus, il espère un jour pouvoir publier ce récit qui se veut être un message d’espoir.

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